Heated Rivalry
Deux des plus grandes stars de la Ligue majeure de hockey sont liées par l'ambition, la rivalité et une attraction magnétique qu'aucun d'eux ne comprend vraiment. Ce qui commence comme une liaison secrète entre deux jeunes recrues se transforme en une longue aventure faite d'amour, de déni et de découverte de ...
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| En cours | CA | Pas de durée |
| Drame | Crave, | 2025 |
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1.01 -
Les recrues
Rookies
Les vedettes de hockey Shane et Ilya patinent sur une fine couche de glace entre rivalité et sentiments plus profonds.
Diffusion originale : 28 novembre 2025
Diffusion française :
28 novembre 2025
Réalisat.eur.rice.s :
Scénariste.s :
Guest.s :
Franco Lo Presti
,
Connor McKenna
,
Shaun Starr
,
Callan Potter
,
Slavic Rogozine
,
Jay Farrar
,
Noah Labranche
,
Ivan Swan
,
Larry Day
,
Yaroslav Poverlo
,
Trevor Hayes
,
Jacob Tierney
,
Caroline Brassard
,
Brian Cook
,
Kamilla Kowal

J’attaque cette série phénomène chez la gen Z queer en particulier sans vraies attentes, mais avec curiosité, et ce pilote m’a vraiment bien convaincu. J’étais bien loin d’imaginer la claque que la suite va me mettre... mais c’est pour plus tard.
Ce n’est pas souvent qu’on peut avoir une simple série à fond dans les genres de la romance et du sport, qui soit également complètement queer et très nuancée dans la dépiction de ses personnages et de son couple. A savoir, elle n’est ni idéaliste, ni complètement toxique et tragique, c’est un entre-deux plus réaliste très plaisant qui justifie bien le succès assourdissant de la série. D’autant plus que ses messages sont on-ne-peut-plus clair, dès l’une des premières scènes où la mère du protagoniste rappelle à quel point son appartenance à une minorité, lui incombe des responsabilités supplémentaires d’être un modèle et pas juste le meilleur joueur. On fait référence ici à l’origine asiatique du personnage, largement plus évoquée que dans le livre dont la série est inspirée (logique vu qu’il y a une dimension visuelle associée), mais tout s’applique aussi à une logique de représentation d’un personnage gay. Donc dès la troisième scène, la série fait déjà son propre commentaire, débarquant dans le paysage des romcom avec un regard qui sera doublement critique, prête à être scruter aussi bien sous l’utilisation de tous les clichés du genre que dans la façon dont elle “se doit” de les détourner pour ne pas paraître creuse ou dérivative.
Et en même temps, le pitch de suivre la romance secrète de deux hommes aux physiques parfaits et stars montantes d’un sport plein de tabous, ça donne aussi ce petit côté privilégié et bigger-than-life qui ajoute forcément une romancisation à l’ensemble, reprenant ainsi clairement l’apanage de toute romcom hétéro basée sur un fantasme de deux opposés ou de l’interdit. Pour le dire très gossièrement : “des rivaux jurés maîtres de leur domaine qui sont secrètement amants”, c’est quand même un pitch incontournable et très efficace pour une bonne raison ! On ne tombe ainsi pas dans la simple tranche de vie légère, ni dans le drame queer hyper engagé, mais dans une histoire qui semble réutiliser les codes propres au genre le plus stéréotypé qui soit pour éclairer des problématiques rarement évoquées.
Dans le fond c’est top, mais il faut que la forme suive tout de même. Et fort heureusement, c’est le cas, avec notamment un style assez particulier retranscrit du roman : une narration linéaire qui ne tient pas en place, avec ses ellipses et ses sauts dans le temps qui nous prennent complètement à revers. Le rythme fonctionne étonnamment très bien, car ces sauts traduisent en fait à merveille les débuts fougueux d’une romance par phases où les personnages ne semblent exister que pour ces moments l’un pour l’autre, ce qui transmet l’idée que c’est totalement ce qu’ils vivent.
Sans forcer le trait, juste en nous le faisant ressentir, le pilote évoque cette atmosphère des premières amours de jeunesse où le temps semblait passer à une vitesse folle et où tout est à la fois simple et compliqué. D’autant plus vu le secret et le tabou qui pousse les personnages à se connaître d’abord par le physique et non par l’émotionnel. Les dialogues ont des défauts, mais les nombreux échanges entre les deux personnages sont très denses : très réduits et pourtant très riches, ils montrent que même s’ils sont déjà destinés à matcher, ils ne se connaissent pas encore bien : Hollander qui évoque avec nonchalance la famille de Rozanov venant pourtant de Russie en partant du principe que son rival extraverti a forcément une vie épanouie assumée, et réciproquement, Rozanov qui titille volontairement Hollander “l’ennuyant” et joue à fond la carte du flambeur pour masquer en vérité son début d’obsession pour lui, sans voir qu’il ne fait que renforcer sa carapace.
Le roman Heated Rivalry (et sa saga) a la réputation d’être très explicite dans ses scènes de sexe sans en faire l’objet principal de l’histoire, et cet épisode est tout à fait dans la même veine en insistant sur certaines séquences hyper sensuelles et graphiques, mais sans être trop vulgaires ni aguicheuses. Certes, parfois c’est limite, les personnages se dévorent du regard et la caméra ne manque pas de pointer vers là où les regards se tournent. On pourrait potentiellement évoquer du soft-porn à ce stade, mais ce n’est rien que des tas de shows font avec des relations hétéros en soi, simplement c’est au service de l’intrigue principale donc forcément il faut y accorder de l’importance… Et il apparaît déjà évident que l’intrigue recèle de couches à explorer qui bougera vite le focus. La réalisation est pour l’instant plutôt “sage”, mais elle est à son meilleure durant ces moments d’intimité, justement, qui occupent une bonne partie de l’écran. Il faut souligner l’importance du métier de coordinateur d’intimité, crucial dans cette série tout comme dans beaucoup d’autres, et dont les deux acteurs ont fait les louanges. C’est absolument essentiel car si les deux personnages n’ont pas d’alchimie et ne semblent pas en confiance, tout le propos de la série s’effondre : on n’aurait plus cet aspect tendre qui tranche avec leur rivalité publique et on aurait donc juste un défouloir assez malsain.
C’est précisément l’inverse qui se produit et c’est un point capital encore hyper bien réussi du pilote : les scènes évoquent bien les rapports de force des personnages et il y a certes plein de maladresses, mais surtout, surtout, elles montrent à quel point ça reste une zone de confort pour eux, marquant un contraste énorme avec leur tension glaciale dans le reste de leur vie médiatique ou personnelle. Quasi systématiquement dans les oeuvres avec des relations interdites ou controversées, le climat toxique du contexte en cause impacte directement la vie personnelle des personnes persécutées, et ça se traduit par des scènes intimes où les personnages déversent ce qu’ils subissent (honte internalisée qui se transforme en violence, etc.), ce qui les rend malheureux et punit en fait leur tentative de vivre leur vie. Rien de tout ça ici, Hollander a beau être le protagoniste le plus dans le placard possible, dès qu’ils entrent en phase intime, ce n’est plus un problème, jusqu’à ce qu’ils se quittent et reprennent petit à petit leurs masques. Ce qui renvoie à mon commentaire plus tôt du fait que c’est hyper rafraîchissant de voir ce genre de relations et de portraits réalistes et optimistes sans être idéalisant ou dépolitisant, dans une série “grand public”.
Ce pilote n’est pas exempt de défauts cependant, surtout car en prenant autant soin des scènes intimes entre les protagonistes, fondations de toute la suite, il y a un cahier des charges large à remplir pour les autres scènes, en très peu de temps. Certains dialogues souffrent d’une exposition rapide pas hyper naturelle, surtout concernant la vie familiale des deux joueurs. La scène avec les parents d’Hollander qui découvrent YouTube est cocasse et souligne le caractère rétro du cadre temporel de cet amour gay, mais le passage est un poil cringe. Quant à la famille problématique d’Ilya avec son frère en Russie, ça semble être un assez gros cliché qui agit comme bombe à retardement de problèmes, pas hyper fin. Enfin, le récit est dans l’ensemble prévisible pour l’instant, mais tout ça est plus qu’acceptable pour un pilote qui a su malgré tout me happer par le côté hyper organique du récit, sa progression temporelle marquante et ses personnages déjà assez magnétiques, avec une super alchimie et représentant deux portraits très différents dans une relation queer. D’ailleurs, les interprètes sont top, j’avais des doutes initialement sur l’accent russe de l’acteur interprétant Rozanov, Connor Storrie, qui n’est pas russe et qui aurait pu tourner au ridicule, mais il semble au contraire très convaincant. Tandis que le protagoniste canadien (Hollander interprété par Hudson Williams) est plus dans la réserve pour l’instant, avec cependant une réalisation qui souligne vraiment bien les monologues internes des personnages qui doivent se passer dans leurs têtes sans arrêt. Ils sont forcément essentiels à la bonne réussite de ce pilote.
Donc, ce premier épisode reste une vraie réussite car il capture en peu de temps une nostalgie d’un début passionnel de romance, grâce à sa narration très déroutante mais avec beaucoup de sens vu le propos, et très bien dosée dans ses variations. Le propos démontre aussi déjà un certain recul sur la place de l’oeuvre dans son genre médiatique et évite plein de pièges, ce qui est très rafraîchissant et fait largement mériter à la série son succès. Mais s’il en possède les graines, ce pilote ne laisse pas forcément présager du coup de massue qui m’a frappé ensuite…
haha j'habite à Montréal et c'est un truc de fou, un vrai phénomène mais honnêtement pas que pour la gen z. Je l'ai pas encore commencé, mais je sens que je vais finir par y arriver parce que tout le monde en parle!
Ahah j'imagine !! Trop cool. Oui allez laisse-toi tenter :D